Quand tu veux rechercher une ancienne chanson ou alors une chanson Africaine, notamment Camerounaise, que fais-tu? Non tu ne vas pas « Googleliser » comme on le dit souvent, ce sera trop long. Tu vas aller sur youtube, entrer soit, le nom de la chanson, soit celui du chanteur, et filtrer les résultats afin d’avoir celui que tu cherches.

J’aurai pu titrer cet article « Comment INTERNET aide à conserver la musique? : Cas du Cameroun ». Mais non, la spécificité vaut la peine, YOUTUBE est cette plateforme grâce à laquelle, nous avons encore l’occasion de trouver des archives de musique. J’ai eu cette expérience plusieurs fois lorsque, je recherchais des anciennes chansons camerounaises. En allant sur youtube, j’ai constaté qu’il y’a des internautes qui postent librement du contenu en formats audio/vidéo ou alors vidéo à partir de leur compte. Ces personnes qui le font aident énormément à mon avis, bien que cela se fait dans l’anarchie et avec parfois  un certain manque de soin. Disons que ça me réconforte de trouver des anciens Makossa, Bendskin, Merengue , Bikutsi, Old rap, pop et bien d’autres. De plus cela est parfois organisé en playlist. Même si parfois, on a des inexactitudes au niveau des dates de sorties des titres des chansons, il faut dire  que grâce à Youtube, un enfant né en 2007 peut trouver une chanson sortie en 1960 grâce au gentil partage d’un utilisateur.

Pourquoi Youtube et non les autres (Itunes, spotify, Deezer, Soundcloud…)

C’est peut-être à tout hasard mais c’est pour un bienfait. Internet est classé, et les moteurs de recherche nous fournissent des résultats selon ces critères de classement.

Youtube par rapport aux plateformes légales payantes

Sur des plateformes de téléchargement légal ou payant, il est difficile de trouver des morceaux postés par des non ayant-droit. Pourtant l’avènement d’internet a modifié les habitudes de distribution de la musique. Si aujourd’hui, on voit des artistes, labels et maisons contrôler la distribution de leurs morceaux, bon nombre d’anciens ne font pas partie de cette nouvelle culture. En Afrique en particulier. Notons aussi que malgré tout, la liberté d’internet fait que tout le monde puisse poster du contenu (selon la plateforme choisie et ses règles).

Youtube par rapport aux plateformes non payantes et non légales

Youtube a deux avantages à savoir, sa popularité et sa politique d’utilisation.

  • Sa popularité

Selon ALEXA, en juin 2017 Youtube totalise 1.5 milliards d’utilisateurs actifs par mois.  Etant après facebook, le 2e site le plus trafiqué au monde. Avec ce nombre fort, il est claire 80 pourcents de nous ont un compte Youtube. Cet avantage part du fait que Youtube appartient au géant Google Inc. Ainsi lorsque vous créez un compte google, vous avez automatiquement un compte Youtube. Du coup, la premiere plateforme à laquelle on pense pour partager du contenu vidéo c’est bien youtube.

  • Son utilisation

Youtube est libre et gratuit, tout le monde peut y exploiter du contenu, partager. En ce qui concerne la musique en particulier, la plateforme rafle la vedette aux plateformes spécifiques au streaming musical. Il y’a des milliards de musiques en écoute libre sur Youtube. L’uploading et la gestion de la console étant faciles, tout comme la procédure de mise en ligne, le coté citoyen de la plateforme tire son essence de là. De plus l’algorithme de Youtube a un fonctionnement bien profitable au classement de contenu. Des playlist automatiques, faites selon les tags associés aux contenus.

Pour revenir au Cameroun.

On sait bien que l’industrie du disque est morte, c’est à peine si l’on peut trouver des anciens disques originaux. Je pense que le partage libre des musiques sur Youtube a permis à conserver de nombreuses musiques Camerounaises. Ces morceaux et vidéos que l’on ne trouve plus et qui sont extrêmement rares. J’ai pris plaisir à retrouver des titres de Saint Bruno, des Black styles, Tim & Foty, Ali Baba, Nico Mbarga, Marthe Zambo,  Govinal, Esa, Rasyn  et bien d’autres…Grace à Youtube, je peux découvrir des playlist, des recommandations, ce qui me permet de mieux me nourrir en musique Camerounaise. C’est en mode 2.0,

je peux partager comme je peux exploiter ce que l’autre partage.

Le seul bémol avec Youtube est que l’utilisateur lamda pourrait utiliser l’oeuvre d’un propriétaire légal sans être  reprimendé. Certes il y’a des fonctions de regulation ajoutées par Youtube. Par exemple, il y’a des morceaux d’artistes que vous ne pouvez pas poster sur Youtube car un contrôlé y est appliqué. Mais celà n’exclut pas les dérives quotidiennes (ce phénomène concerne tout le monde entier et pas que le Cameroun).

Cet article au delà de montrer, le rôle précieux de Youtube dans la conservation de nos musiques, montre surtout la conséquence l’absence d’imprégnation des anciens acteurs de la musique au numérique. Encore plus pour les acteurs contemporains qui profitent mal de cette opportunité, et qui laissent poster leurs chansons à tort et à travers sur le réseau Youtube par des comptes non habilités. Par ailleurs c’est aussi une interpellation à l’usage d’internet pour la mise à disposition de la grande et riche discothèque musicale Camerounaise (Africaine par là) qui est très peu connue par les nouvelles générations. On a certes des sites et blogs qui se donnent ce rôle, mais avec l’intervention de tous les acteurs habiletés l’on pourrait avoir plus d’histoire, de contenus, datés bien renseignés.

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