Douala Hip hop festival, face à l’échec, les solutions sont pourtant simples

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Si vous avez remarqué, sur ce blog aucun article n’a été fait depuis sur le Douala Hip Hop festival qui vient de s’achever, encore moins d’annonce. On s’est limité à contribuer via des partages sur les RS.  Je n’étais même pas à la conférence, car il ne faut pas être marabout pour savoir qu’on n’allait rien me dire de nouveau. Juste parce que j’avais vu venir le ndem (on va dire que je suis aigri), mais je me suis tu pour respecter l’effort. Néanmoins, je m’y suis rendu, et aujourd’hui puisque c’est fini, encore plus convaincu de ma position de départ, je vous fais ma part d’observation.

Le Douala Hiphop festival n’évolue pas dans l’ensemble

Oui, en 2017, on se retrouve en train de faire les mêmes erreurs. En 2017, ça tatonne toujours. Voici quelques remarques faites.

PB1. La programmation est toujours un échec et ça démotive.

On dirait qu’il  n’y a pas d’évent flow. Comment se fait t’il que chaque année entre 17h et 22h, on doit arriver regarder des artistes en herbe qui crient plus qu’ils ne performent? S’ennuyer face au podium pendant des heures pour attendre les guest. Qu’est ce qui peut motiver à revenir chaque année durant 04 jours vivre ce calvaire. Figurez vous que nombreux sont déjà venus au DHF et rentrés sans jamais voir l’artiste qu’ils attendaient. De plus, on veut faire passer tout le monde dans un timing qui est restreint. La dernière journée de cette année en témoigne. De 18h à 03h40 rien n’a vraiment été fait rigoureusement. Et on a vu Lady B, passer après Tenor, chantant devant personne. Daphne faire un son descendre pour attendre pendant des heures afin de revenir comme annoncé. Hobskur, monopoliser la scène pendant près 40 minutes alors que nombreux ne sont pas passés. Qui contrôle quoi? Un programme chamboulé et  ennuyeux. Combien sont rentrés sans pouvoir prester?

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Solution

Tout le monde n’est pas obligé de passer. Avant l’événement, 06 mois avant, le comité pourrait lancer un appel pour les artistes en herbe voulant se produire. Organiser des sélections Indoor à l’IFC par exemple, ou tout le monde pourra passer. Les 10 ou 15 meilleurs sélectionnés après évaluation se produiront en tant que découverte de cette édition. Ainsi on sera sur de la qualité,  et d’avoir donné la chance à tout le monde. Mais, surtout, c’est clair que le public qui viendra à 18h ne s’ennuiera pas. Voilà comment on aura plus de public car chacun saura qu’il vient voir un spectacle digne et non perdre son temps. Ca justifie bien le déplacement et l’argent. Il faudrait aussi pouvoir être ferme sur les timing, car on dirait que ce n’est pas le cas. Il faut arrêter le culte de la nuit, on peut finir le DHF à minuit sans fatiguer le public.

PB2. Le manque de valeurs ajoutées.

En toute franchise, quel est l’intérêt de venir au DHF voir des artistes qu’on a toute l’année? Rien d’exclusif. Je crois que l’on devrait au niveau artiste miser sur la différence que chaque artiste doit apporter pour chaque édition, justifiant ainsi sa présence et la motivation du public. Quand Petit Pays doit faire le FOMARIC, Nkotti François communique sur le répertoire qu’il va jouer, le timing, le justifie et informe le public lui donnant raison d’être là. Pourquoi nos artistes guest sont les guest de cette année ? on ne sait pas. C’est un festival, pas un concert, on veut savoir qu’ici il y’a un bénéfice.

Améliorer le contenu du DHF. Intégrer ( avec sérieux) les corps de métiers autour de la musique

Le Street wear, le body painting , le gaming et le mini salon média ont été intégré cette année. Ce n’est déjà pas mal. Mais je crois que si l’on avait du cinéma au DHF ce serait une grande valeur ajoutée. Cette année on a eu la sortie du film hiphop « Zoo », ça aurait fait un bon divertissement, de même que le documentaire « Urban griot » qui retrace l’histoire du hiphop.  L’on pourrait aussi  pour les années à venir avoir de vrais conférences éducatives sur l’histoire du hiphop, de la musique tant à l’international qu’au Cameroun. Krotal, Sadrack , Benjo et bien d’autres pionniers vivent encore. Ce serait passionnant. Pourquoi avoir Ben Decca comme parrain si l’on ne peut même pas avoir un échange avec lui sur son expérience?  Avoir des ateliers professionnels  d’échange dans des cadres appropriés. Par exemple, moi en tant que blogueur, je pourrais organiser dans le cadre du DHF, une conférence sur l’apport des médias numériques sur le domaine de la musique. Mais dans un cadre adéquat tel que l’IFC qui peut en être partenaire.  Des journalistes TV, radio pourraient tenir un atelier de formation au journalisme culturel. On peut avoir une conférence, entre producteurs, artistes, promoteurs autour d’un thème lié au développement de la musique. Un cabinet d’études peut nous présenter les statistiques de la musique au Cameroun, son fonctionnement et ses évolutions ou insuffisances. On peut dans ces cadres inviter une cible importante(corporate) , qui va être invitée à comprendre comment fonctionne ce mouvement et ses besoins. Tout cela dans une optique de créer des opportunités, de cultiver et ouvrir des collaborations susceptibles. Mais encore faut t’il bien construire, définir et aménager le cadre.

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PB3 : La communication 

Je peux le dire à risque de me tromper, il me semble bien que le cœur de cible du DHF, ce sont les artistes, les adeptes de la culture hiphop, et les médias. Mais en cible principale, nous avons ce public jeune avec qui l’on souhaite partager cette culture qui est le socle d’un mouvement grandissant. De mon constat, durant les 05 années précédentes, j’ai remarqué que la plupart du public étaient des jeunes de 16 à 25 ans, dont une bonne partie sont au secondaire. La période choisie les exclut déjà car l’évent, cette année se passe en semaine, des jours de cours, avant la fin du trimestre (le 20) où la majorité sont en plein examen. Qui viendra ? pas eux.

Les artistes eux même doivent participer au processus. Pas juste faire une annonce pour faire. Mais vendre la spécialité qu’ils apporteront cette année. C’est pourquoi il vaut mieux en avoir peu avec qui tout est bien préparé que d’avoir tous pour un échec. Ces derniers viennent faire leur show et basta. Pourtant, ici on doit sentir leur intérêt et leur implication dans le processus surtout avant.

Maintenant parlons du visuel. Il faut dire que les photos d’après événement son vraiment magnifiques. Mais la direction artistique de départ pour la charte de cette année n’était vraiment pas prometteuse. ça peut paraître bizarre, mais à voir ce thème bleu, on ne sentait pas vraiment une comm qui parle. Trop sombre, triste et décourageant, en communication le bleu a pour signification négative la mélancolie et c’est plus cela que reflétait l’affiche surtout avec les couleurs foncées qui se juxtaposaient . Comme chaque année, on a imprimé et collé des affiches A3 dans la ville. Croyez moi, ça passait inaperçus. Il valait mieux les décliner en flyers à distribuer dans les lycées. Par contre faites la différence avec les banderoles et Affiches 4/3 faites par Orange pour le DHF, comparez l’effet et vous me direz qui parle mieux. Je pense que le DHF à l’avenir doit penser à bien définir ses différentes et produire une comm qui touche cette jeune cible, et qui motive aussi les adeptes à revenir. Au delà des RS, la comm de proximité doit être intégrée, mais aussi l’innovation dans la forme, les contenus et les supports de comm. On peut aussi maximiser avec des mini-programmes attractifs intégrés tels que  la Miss Hiphop (sur le podium du street wear market), le meilleur clasheur, karaoké ça fait toujours du show.  Notons quand même qu’autrefois il y avait un concours de danse. Bref c’est des idées auxquelles tout le monde peut penser.

Les RP, l’action sociale.

Avez vous déjà entendu en cours d’année que le DHF ou son comité accompagne une action, un événement? Organise des sessions alternatives d’échanges avec les acteurs locaux ? Moi non. On a là une institution qui n’existe qu’à l’approche de la fin d’année et qui plie bagage par la suite. Le branding, l’action du DHF sont négligeables. Pourtant durant l’année il serait par exemple de réunir la presse locale, échanger avec elle sur la méthode d’accompagnement et non de lui imposer. De même pour les artistes, les DJs, vidéographes, opérateurs culturels ect.. Le DHF gagnerait en crédibilité en organisant des conférences en cours d’années. La communication doit s’inscrire sur une longue période, en se séquençant au cours de l’année. Le DHF a un nom, mais pas une notoriété , pas une crédibilité. Limité à une communauté qui n’est pas pragmatique.

 

Voilà mes constats faits en liaison à l’échec du DHF, de quoi meubler 04 jours de festivals, maintenant le tout sera de bien présenter. Le DHF a 07 ans d’existence, mais je crois qu’il faut qu’on nous resitue sur ses objectifs, sa cible et sa vision, c’est flou pour l’instant. On encourage pour avancer et non pour stagner. S’il n’est pas possible de tout préparer ça en un an, qu’on se donne plus de temps et qu’on fasse bien. Au delà de tout, le plus gros problème c’est le manque de rigueur et de professionnalisme. Auquel s’ajoute la préparation, Il y a l’essentiel. Il faut se dire la vérité, si on est insatisfait chaque année, on ne sera plus motivé à venir l’année d’après, ce qui rendra la tâche plus difficile pour le CO du DHF. On en est là.

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