Le 27 décembre 2017, la communauté Mboa Urban Music a répondu présent pour la finale de la 06e édition du Hip hop talent search. La salle de Douala Bercy était pleine à craquer, c’est sûrement la finale la plus full depuis le début de ce programme de détection de talents. Preuve que ça évolue et que le public y porte attache.

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Ils étaient 17 finalistes sélectionnées au cours de l’année dans les villes de Douala, Yaoundé et Buea, sur des centaines au départ. Cette cuvée se sera démarquée par son originalité plus que celles qui l’ont précédé. On ne parlera pas de tous, mais de quelques sur qui plus ou moins subjectivement, j’ai jeté mon dévolu.

NJR, le 4e au classement

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Il se démarque avant tout par son look, le mec est beau et propre d’allure. Une allure qu’il assume bien par son talent car il rappe avec un ton fort d’égotrip et d’assurance. Typique des rappeurs modernes, on sent dans sa prestation et son flow du sexion d’assaut et du kendrick lamar. Bien que monotone. Mais surtout il a cette capacité de rapper sans pause en speedant sans perdre le souffle. Niveau écriture, il fait ça terre à terre, oui il y a des choses que les jeunes aiment entendre, il est cohérent, mais encore faut t’il qu’il mette l’accent sur l’écoute.

Yoan dix neuf, le 10e

Il a un truc en lui, ce jeune. Passionné et ça se voit. Ses entrées sur les beat sont intéressantes tout comme sa façon de développer l’inspiration. On voit bien qu’il est intelligent et sûrement cultivé. Sa limite par contre c’est l’absence de maturité. On dirait moi à l’époque. Lol!

Biggy Boss, le 05e

Il revenait tenter sa chance car Biggy Boss a été finaliste du HHTS l’an dernier. Il s’était déjà démarqué, et cette année était bien la confirmation qu’il mérite d’être dans le carré des best. Son atout c’est l’écriture, cette capacité à fabriquer des punchlines sur des clichés qui nous entourent. Par exemple j’aurai retenu la parole  » Mes poumons étaient propres, mais elle m’a fait découvrir la pipe ». Si vous voyez de quoi il parlait… MDR!!😅😅😅

Scoot Jefrey, le 03e

Il a un truc ce mec. Son flow n’est très percutant, mais son style est particulier. On dirait quelqu’un qui utilise le rap comme moyen de communiquer l’intelligence. Il aura marqué par sa manière de décaler la réalité et de faire balader les cerveaux entre plusieurs dimensions cognitives. De plus il a la promptitude et la sûreté. C’est un joker, un néo-phénomène du rap pour qui l’aura vu.

Ret Law, le 12e

Il est le plus jeune de cette année et d tous les temps du HHTS. A 13 ans seulement il a pu s’imposer jusqu’à arriver à la finale. Il a cette capacité à bien rapper et rendre les textes qu’on lui écrit (oui parce que c’est le cas, il a un ghost writer). Ret Law rappelle beaucoup son grand frère Bony Bones qui fut l’un des plus talentueux rappeurs du Mboa Come Test, finaliste face à Franko en 2010. Mais revenons au petit, il lui faudra beaucoup d’encadrement, il est prometteur.

Dyonce, la 06e

Ça c’est une rappeuse. C’est la seule dans le lot et elle en a donné en termes de kick. Avec son style kainri, on voyait une jeune fille kicker sur des beats oldschool. Mais le bémol avec elle c’est qu’elle est linéaire, trop passionné et manque de produit , de forme. Elle fait juste du rap, mais sans valeur ajoutée. C’est peut-être ça qui la démarquera, car on dirait qu’elle est encore dans sa bulle.

Hache tag, le 09e

Oui, il a attiré mon attention. Ses penchants hardcore, cru, ironique et satirique sont remarquables. Son nom lui va bien, mais son ndem c’est qu’il est hyper vulgaire malgré sa belles inspirations. 😖😖😖On sent un mec qui se saoule avec du Damso. Aussi son autre limite c’est l’absence de synchro lors de sa prestation. Il faudra work le flow.

Zlatan SAS, le 16e

Il ne fut pas 16e parce qu’il n’est pas bon, bien au contraire et le jury l’a dit. Si ça n’avait été le fait qu’il a oublié son texte lors de sa prestation, il aurait été mieux classé. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il en a dans le ventre. Oscillant entre old et new school, débiteur de punch, c’est le typique du rappeur amère.

Challenger, le 2e

Je ne l’attendais pas là, mais il a surpris par sa prestation et son voyage entre le rap et le reggae. Vocal stable et bien géré. Pas grand chose à dire sur Challenger, il en a dans le ventre, son corps costaud n’est pas un hasard. Le défi tel que observé, de mon avis sera de faire des morceaux qu’on peut écouter dans son appareil avec digestion. Sinon big up.

Vanister, le 1er

Lui c’est pas un rappeur, c’est un griot mélangé à un artiste. Il a mis la barre haut dès le début. Sa particularité c’est cette aptitude à se balader sur plusieurs genres musicaux et styles. En freestyle, en prestation, en inspi, en story telling, il a mis le paquet. Fusionnant le chant traditionnel, l’anthologie du conte au RAP, il a tenu le public en haleine et inéluctablement braqué les regards sur son talent. Ou du moins sur ses talents. Par contre, j’ai bien peur, au risque de me tromper qu’il aura du mal avec le produit studio. On verra bien. Sa place de premier fut méritée des points de vue innovation et créativité. Bravo!👏👏

Moment marquants

La prestation du rappeur LEBIR. Il a confirmé qu’il est un as de l’impro, faisant un morceau love sur place. Paroles et émotions qui allaient avec, le mbom a mis le show. Chapeau l’artiste.

Le prestation de Nernos. Ce fut un très beau show. Avec ses danseurs guerriers, qui ont bien fait le jeu et surtout son backeur, lui qui sautait de partout et rappait plus que l’artiste qui suivait partout dans la salle. Mais c’était bien.

Voilà! c’était bien le Hip hop talent search 2017. Il ressort de cette édition que le RAP ou le hip hop strictement dit ne sont plus forcément pratiqué dans leur authenticité. Mais que les nouvelles générations s’en servent pour créer de nouvelles formes de contenus, dans le fond et la forme. Rapologiquement, le niveau n’est pas au standard des anciennes cuvées. Mais artistico-créativement, c’est bien avancé. C’est l’époque. Tant que c’est bien fait, tant mieux. Bravo Ach For Life. Espérons que chacun de ces finalistes se démarquent dans les prochaines années. On attend surtout la production de Vanister, car il faut bien noter de depuis Mink’s, on n’a pas eu de lauréat qui s’est démarqué. Big up!

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