On a déjà connu Salatiel sur de l’Afropop, sur du néo blues, sur de l’Afrobeat. Après son dernier single « Toi et moi », il offre une nouvelle livraison intitulé « I’am » avec mention « Freestyle ».

Je ne pense pas que freestyle ici veut dire improvisé ou fait à la vas-vite comme on le définit vulgairement. C’est le sens propre du temps qui est signifié dans ce titre, pour dire style libre. Salatiel s’est permis de le faire librement et à l’écoute on le perçoit. Lire cet article sur la définition du freestyle dans le hiphop  

A travers cette performance, Salatiel met en exergue sa pluralité et ses capacités réelles. Sans se cantonner à un style particulier, sans barrières culturelles, il navigue avec aisance entre rap, chant rn’b, jazz et chœurs. La musique quant à elle est un hiphop alternatif fusionné de rock et hardcore. Rempli d’énergie et fait avec art, il utilise des techniques diverses dans son flow, rap speed,  voice choir, voice a capela, rock style  slow back, voices animations. Tout un melting pot fait par lui-même.

Dans le contenu textuel c’est de l’égo trip, Salatiel se présente ici en hustler et figther, il clashe et s’érige comme celui là dont le niveau est hyper élevé. A écouter son discours de début il semble envoyer des piques aux artistes proclamés king (Stanley et Jovi). Des paroles dans les couplets telles que « Man di rap man di sing, man di play jazz…Take a pen and your a paper and copy that » et son refrain qui dit « When the ask who’s the bestest? Tell them… You are already know » cad « Quand ils vous demandent qui est le meilleur, dites leurs…Tu connais déjà« .  Le Salatiel de l’ombre qui a pour habitude de mettre les autres artistes en avant a sorti ses crocs. Une casquette sous laquelle on ne le connaît pas. « Tu wanda que c’est moi non!! »  dit t’il. Doit t’on interpréter ça comme de la frustration?

Du point de vu originalité, on ne va pas dire qu’il a vraiment marqué car, bien que le morceau soit bien fait, lorsqu’on l’écoute on semble avoir du déjà entendu. Ca sonne occidental et on ne perçoit pas réellement l’identité propre (bien qu’il glisse quelques paroles en pidgin). Néanmoins lui-même mentionne son lyrics et à voir le titre il ne s’est pas donné de contrainte sur ce plan.

Dans l’ensemble, il semble que Salatiel a voulu montrer l’étendu des capacités. Ses paroles peuvent paraître prétentieuses mais il faut le voir sur scène pour confirmer qu’il est bien plus avancé que la plupart des artistes de cette génération tant au Cameroun qu’en Afrique. Par ailleurs, on a aussi là un refus de se faire cataloguer dans un registre musical précis. Le moins qu’on puisse dire c’est ce que artistiquement c’est du bon. Il l’a soigneusement fait. On en avait déjà vu un peu et là on en découvre plus. Qui sait ce qu’il réserve pour l’avenir? Préparons nous à être surpris.

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