Le débat qui court actuellement dans la musique 237 est celui de la prestation live des artistes. Tout est parti d’un post de l’artiste Salatiel sur sa page Facebook qui disait ce que vous lisez ici bas.

Je ne sais pas pour vous. Mais de ma compréhension, ces propos sont clairement, une alerte plus qu’une leçon à ses congénères. Et cela est fait sur la base d’expériences vécus. Oui, je prend partie, je suis tout à fait d’accord. Quand on observe l’état actuel des choses, il est claire le spectacle live est une denrée rare chez les jeunes artistes. Oui ! je parle de vrais spectacles pour reprendre Salatiel.

Ce post n’a pas tardé à faire réagir certains qui ont donné leurs avis et réactions à ce sujet. C’est le cas de Taphis, manager de Tenor et Achille Djoumsié Manager de Mink’s que vous pouvez lire sur les post ci bas.

Mon commentaire

C’est un problème qui ne s’applique pas uniquement aux Camerounais, mais aux artistes d’Afrique Francophone de musique dite urbaine en général. Le contenu des spectacles est très souvent truffé de playback et d’animations. Non pas pour dire que certains artistes locaux ne font pas du live. Notons que lorsqu’on sort du cadre de la musique urbaine, au Cameroun, de nombreux artistes ont la culture du live. Lady ponce, coco argentée, Lab’l, charlotte dipanda, sergeo polo, et bien d’autres, sont des artistes modernes d’une liste exhaustive qu’on peut citer dans ce sillage. Oui au Cameroun, on fait (faisait) du live, et ce même dans la « musique urbaine ». Krotal, Boudor,hobscur, sultan oshimin, Lauren By, Lady b sont des artistes aux prestations exquises. Performer en live est pour de nombreux artistes d’échelle un atout essentiel de notoriété. Vendre du spectacle. N’écartant bien sur pas le critère qualité son que Salatiel a mentionné dans son post.

Par ailleurs, l’on a des jeunes artistes populaires ou non tels que Dynastie le tigre, Salatiel Locko, Nelly Moukoko,  Stanley Enow, Michael kiessou qui se prêtent au live en offrant de belles performances. Mais la réalité est que la plupart des autres ne sont pas dans cette logique.

Mettons d’abord de la nuance. Au niveau des artistes, on a trois postures :

  • Avoir peur de faire le live,
  • refuser de faire le live,
  • Ne pas être capable de faire le live.

Ces postures sont épaulées par le contexte que l’on vit :

  1. Les artistes ne font que des spectacles dans lesquels on les invite, les entreprises ou promoteurs ne tiennent pas compte du facteur qualité. Ils sont plus orienté marketing et business.
  2. Les artistes ne se donnent pas de rigueur. Oui, à la course de l’argent prime sur l’art en général. A défaut du live on a le semi-live qui requiert pour le minimum un DJ et un claviériste. A la limite (pas toujours) , des choristes qui sont  faciles à trouver. Donc ça ne coûte pas si cher, ça peut se négocier dans le cachet. C’est encore plus facile pour un artistes qui joue d’une guitare ou d’un autre instrument.  Le rap par exemple peut facilement se faire en semi live. Mais si vous remarquez, bon nombre d’artistes de nos jours backent leur propre chanson sur scène et appellent cela une prestation scénique. Le pire c’est que cela influence les plus jeunes.
  3. Certains sont incapables de faire un bon live. Oui on peut faire du live et l’échouer, le but ce n’est pas de venir faire une récitation de son morceau, avec un orchestre. Pire la décomposition musicale est parfois très légère à tel que le côté sensationnel n’existe pas. C’est donc pour mettre une nuance au post d’Achille, car on peut avoir tous les artistes en live, mais on a de mauvaises prestations, je l’ai déjà vu. Sans vouloir offusquer certains. C’est d’ailleurs décevant de voir le creux entre le morceau studio et la performance scénique. Je prend pour exemple le Douala hiphop festival, un événement grand podium, on y voit de nombreux artistes de musique urbaine se buter au live ou alors de l’éviter tout simplement.
  4. Le manque de culture du live est une réalité moderne qui fait mourir l’art du spectacle musical. La plupart des jeunes artistes sont orientés dans le sillage de la composition numérique et synthétique, ne joue pas d’instruments, ce qui limite leurs capacités. Très souvent l’on a plus des artistes de studios que des artistes de spectacles. Il faudrait déjà régler ce creux. Les axes  spectaculaire, et musical sont en manque sur les scènes.
  5. Les artistes font peu de concerts à eux, et tous convergent vers la musique populaire. J’avais déjà parlé des concerts autonomes car très peu de label prennent la décision de se faire un concert. Ou encore de s’unir avec d’autres pour faire de grands concerts. Jusqu’ici, parmi les artistes mainstream, on a juste Dynastie le tigre, X maleya et Jovi qui ont pris la peine d’organiser leur propre concert. Mais cela est coûteux, Par ailleurs, d’autres le font mais sont moins exposés pour la simple raison qu’ils ont moins de visiblité. L’on a changé auprès du public la définition de concert, on se contente d’avoir des shows de basse qualité. Oui je pèse mes mots, c’est une épidémie mondiale.
  6. Le manque d’infrastructures et le coût du live est un obstacle à sa vulgarisation. Peu de salles de spectacles aménagées. Ici on n’a que les maisons de la culture étrangères (IFC, Goethe…). La cherté du matériel, de la logistique, l’appui technique et professionnel nécessaire, l’appropriation des ressources pour l’organisation n’est pas évidente. Les grands concerts d’artistes étrangers que nous voyons souvent coutent extrêmement cher. Des dizaines voire des centaines de millions…

Oui le post de SALATIEL, c’est une alerte lancée à ses frères. Il est claire que si l’on veut être un artiste qui veut se positionner sur le temps, respecté et faisant du chiffre au long termes, il serait bon d’avoir un spectacle qui donne à revendre et se positionner internationalement. Il y’a surtout la problématique entre  On peut bien buzzer pour 2 ou 5 ans mais, qu’est ce qui nous garantit la durabilité?

La nouvelle generation de zik Kamer n’ira jamais au niveau superieure avec tout ces playbacks des artistes grands et petits.
Les artistes SVP pensez Int’l, pas les petits rassemblements des Camerounais en diaspora ou vous allez danser sur vos chansons en playback ou les quelques grandes scenes en afrique mais tjrs en playback …..je parle de vrais int’l, des vrais spectacles en live donc 95% sons incapable.
Travaillons Sinon ca sera la même histoire de 2 à 5ans de buzz boiteux et après disparition comme voit depuis 2010
Voila un gros secret pour longévité

Cela devrait être pris positivement au lieu de susciter des querelles. Et meme je dirai que c’est bon d’y avoir pensé. C’est un appel à construire un environnement favorable à un meilleur développement de la musique et des talents. Il a bien dit « Cette génération », celle à laquelle il appartient.

  • Comment donc faire comprendre l’enjeu du spectacle live aux artistes (Encadrement)?
  • Comment faire comprendre cela aux promoteurs qu’il est important d’offrir un contenu de qualité lors des spectacles? Surtout comment les épauler dans ce risque?
  • Comment synchroniser le côté commercial des entreprises à l’enjeu artistique ?
  • Avant les artistes locaux faisaient le live pourquoi cette génération n’en fait pas ou en fait peu?

Puisqu’il faut des solutions, la plus évidente serai de commencer par l’initiation des artistes au live car c’est toute une école. C’est presque une honte de voir que certains n’arrivent même pas souvent à sortir la voix sur scène. Pire encore je dirai que même en playback sont archi nuls (j’en fais témoignage suite à des observations répétées que  je ne citerai pas). On a des chanteurs de studio…  Cela peut commencer par des petites salles, cabarets, salle de concert, puis ayant le produit près on peut au moins justifier son coût. Se mettre ensemble pour un premier défi, valoriser ses résultats et défendre la logique prescrite. L’avantage que certains ont c’est au moins la visibilité.Mais il nous manque un appui réel et une vraie politique de construction de notre mouvement, sans nier les efforts faits. Mais puisque nous sommes encore en développement, on peut espérer une amélioration future.

Je le rappelle encore le live, c’est une autre grande école, on a des artistes qui ont connu des albums live qui sont devenus des classiques. Certains dont les concerts sont devenus légendaires grâce au contenu live. Certains dont la voix sur scène coûte cher à cause de leur potentiel en live. Les plus grands artistes de musique de ce monde sont des pros du live (Je ne citerai pas d’exemple pour ne pas faire polémique)NB : Je ne parle pas des live facebook ou youtube

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