Les anciens reviennent, et ce n’est pas tard. « Olivier Nku te racontera Novembre 2008, entre temps, beaucoup ont arrêté, beaucoup ont pris la fuite ». C’est un extrait de « Mon game », la nouvelle livraison de Killamel. Un titre qui rend hommage et fait des clins d’oeil aux activistes du hip hop kamer depuis ses débuts à aujourd’hui.  Les non-initiés ne se reconnaîtronT peut-être pas, mais ceux qui vivent autour du hip hop 237 depuis au moins une décennie savent de quoi il parle.

La phrase citée ci haut est un rappel de son showcase sur la radio nostalgie à l’occasion de la sortie de son premier album « Vert-rouge- jaune dans le noir ». Un jour dont se rappelle bien Davy Lessouga le manager de Franko qui en fut marqué à vie. Oui, Killamel c’était du lourd à l’époque.

S’il dit que beaucoup ont pris la fuite, lui non plus n’est pas resté le plus stable que ça. Depuis 2012 après son 2e album, killamel a fait des flash en livrant quelques inédits entre freestyle et clips. Ayant quand même réussi à ne pas passer aux oubliettes,  aujourd’hui  par ce titre « Mon game » il annonce son prochain album.

Le réveil des fantômes face à l’amnésie

Oui les Camerounais sont amnésiques, du public aux artistes. Eux qui ne font pas non plus l’effort de conserver et de transmettre leurs oeuvres. Il y’a eu tellement d’acteurs, de singles et d’albums dans le hiphop kamer. Killamel rend hommage à tous ces « Soldats du hip hop ». Invoquant artistes, danseurs, animateurs, promoteurs, présentateurs, graffeurs, animateurs radio, et meme blogueurs  de toutes les générations, le message de killamel est à coup sur celui de la fédération. Il cite Terror qui sortait comme lui en 2008 autant que Tenor qui est au top aujourd’hui. Des producteurs tels que Bobby shaman, Jess panebo et bien d’autres.

La façon d’écrire (Le jeu de mots)

Resté fidèle à son flow et son style égotrip. Son rap ici est fait de rimes plates pour la plupart Killamel utilise une allégorie très souvent connue dans le Rap (Celle que RED.K utilise dans « Constat 5 »).  Les figures de styles dominantes employées ici sont l’allusion, le cliché, l’hyperbole et la métaphore. Le but de l’exercice est d’associer un référent à un statut.

« Je suis rouge comme Bobby shaman, venimeux comme Krotal ». C’est un clin d’oeil symbolique au Boss du label « Red zone ». Bien-sur « Red zone » signifie « zone rouge ». Quant à Krotal, il fait référence au  rappeur en exploitant le rapport avec un serpent qui s’appelle le Crotale.

« J’ai  l’accent grave conçu pour lancer des missiles. Moi je suis né sous un arbre et je connais bien mes racines ». Cette séquence fait référence au groupe légendaire de rap kamer « Ak sang grave » et au titre « Né sous un arbre » de Rasyn sorti en 2001.

« Sultan oshimin m’a dit de tout brûler ».  Référence au titre « Fire burn » de Sultan Oshimin.

« Je suis une baleine dans un Aquarium ». La baleine capturée vit dans un aquarium, le label de Boudor s’appelle Boudorium Prod. C’est un jeu de mots simple 

« Mink’s quand il m’écoute, il dit le gars là est près ». Référence subtile noyée dans un ego-trip dans lequel il exprime sa relation avec Mink’s. Avec un big up pour son titre « Le gars là est laid ».   

Le ndem dans le Kiff 

Aussi vrai que Killamel a voulu se montrer original dans l’écriture, il faut dire qu’il n’a pas poussé le kiff jusqu’à fond. Certaines phrases à la différence de celles citées ci-haut sont très évidentes et platoniques. A la limite, ça en fait superflu . De même, à vouloir citer les noms de tout le monde, le morceau a plus l’air d’une récitation ou d’un atalaku qu’un morceau de rap. La monotonie aussi est à décrier, mais c’est commun. Connaissant  la capacité de Killamel à produire des punchlines, on s’attendrai à plus pour une telle performance.

Toutefois, toujours est t’il que le bon du morceau réside dans cette valeur de reconnaissance qu’il signe à ses compères.  Pas très frappant pour son calibre, mais vu que c’est l’introduction d’une série de morceaux qui suivront, on  attend bien de voir ce qu’il réserve pour la suite. Bon retour Killamel.

Note d’écoute : 07/10

 

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