La rappeuse Lady B a fait son retour sur la scène avec un nouveau vidéogramme. Il s’agit d’un rap critique engagée. L’auteur compositeur de la chanson n’est autre que Sadrak.

Elle interpelle les uns et les autres à prendre conscience des devoirs citoyens et des responsabilités qui les incombent. Lorsqu’une situation est défavorable, chacun décline toute responsabilité et la faute est rejetée sur les autres. Dans le clip, elle représente chaque citoyen à travers un déguisement (commerçante, vieillard, manager d’artiste). On a en particulier une image de fille fofolle avec les cheveux verts fait penser à Z-tra. Cela peut être interprété comme symbolisme de la dépravation des moeurs par la musique légère que font certains cadets notamment Ztra

Lady B clashe Ztra
Lady B clashe Ztra. Credit photo @lerecuperateur

Elle invite à travers ce son chaque camerounais à jouer son rôle au sein de la société. Celui qui est la tête d’un mouvement ou association, dirige aussi le pays à son niveau. Ils ne doivent pas rejeter la faute sur les dirigeants et en particulier à pa’a Biya.

Le clip arrive après un an, ATOME avait déjà fait une revue sur l’audio dont voici un  extrait

C’est sur un beat afro hip hop que celle-ci performe dans un style oldschool , flow,  phases, et surtout beaucoup de figures de styles et de maniement des mots. Elle commence son développement en faisant  un balayage assez humoristique  avec  une grande gueule, ramassant des clichés du quotidien.

« Tu souffres de Camerounisme aigu … C’est une maladie de luxe tropicale qui tue et qui rend très têtu … On ne balaie pas chez nous mais on veut balayer chez eux, On est fier d’être Bantu dans la saleté, c’est comme ça et c’est bien nous, les camerouriens de l’heure»

Lady B dénonce de façon très subtile le laxisme permanent constaté chez les Camerounais qui n’hésitent pas au moindre de leur problème rejeter la faute au président Paul Biya. Son refrain le dit d’ailleurs :

« J’ai très mal rêvé, c’est la faute à Pa’a Biya, Ma voiture démarre cale, c’est la faute à pa’a Biya, mon gars me nyioxe mal c’est la faute  à pa’a biya … »

Elle  va jusqu’à montrer l’exagération, le refus d’assumer et l’exclusion totalitaire que certains manifestent face leurs obligations. Lady B se met dans son 2e couplet dans la peau d’un camerounais décrivant de façon expropriée ce qu’il voit autour de lui, mais qui rejette la faute naïvement et lâchement sur Paul Biya.

« Petit frère ne me parle pas de balayer mon kwatt  Popol n’a qu’à le faire… Dès que le marché est dur , c’est la faute à Pa’a Biya. Le maquillage te blesse, c’est la faute à Pa’a Biya. Tes bindis fesses te stressent, c’est la faute à Pa’a Biya… »

A celle-ci de conclure que « Remercions le seigneur de nous faire comprendre que nous sommes tous dirigeants du Cameroun, chaque père, chaque père de famille, chaque mère, chaque enfant dirige le Cameroun à son niveau ». Un appel à plus de participation et de responsabilité.

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